JOSE RAUL CAPABLANCA

Fils d’un fonctionnaire colonial, Capablanca fut un enfant prodige qui découvrit le jeu d’échecs à quatre ans. La légende dit qu’il assimila les règles à l’âge de quatre ans en observant son père jouer avec des amis. Dès ses jeunes années, sa force au jeu est remarquable.

À l’âge de treize ans, en novembre—décembre 1901, il remporte un match contre le champion de Cuba Juan Corzo y Príncipe par +4 -3 =6.

Par la suite, il étudie pendant deux ans la chimie et le sport à l’université Columbia à New York. Il joue dans l’équipe universitaire de baseball au poste de shortstop.

En 1909, il gagne nettement contre Frank Marshall par +8 -1 =14. Il fait irruption sur le plan international au tournoi de Saint-Sébastien en Espagne en 1911, où il gagne devant des maîtres connus, comme Akiba Rubinstein, Milan Vidmar et Carl Schlechter.

 

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En 1913, il fut nommé dans les services diplomatiques du ministère des Affaires étrangères de Cuba. Il n’avait pas d’obligations réelles, les autorités cubaines trouvant suffisante la publicité qu’il faisait pour son pays et pouvait donc de facto se consacrer pleinement aux échecs. En 1914, il finit deuxième du fort tournoi de Saint-Pétersbourg à un demi-point du champion du monde Emanuel Lasker.

En 1921, Capablanca gagna le championnat du monde contre Emanuel Lasker (+4 -0 =10). Pendant six ans, il ne perdit que 4 parties sur environ 200 mais il ne mit pas son titre en jeu. En 1922, le nouveau champion du monde remporta le tournoi de Londres, mais Lasker était absent. En 1924, Capablanca fut devancé par l’ancien champion du monde lors du tournoi de New York ; puis, en 1925, par Efim Bogoljubov et par Lasker lors du tournoi de Moscou. En 1927, il termina premier du tournoi de New York où Emanuel Lasker n’était pas invité.

Capablanca perdit son titre en 1927 à Buenos Aires contre Alexandre Alekhine (+3 –6 =25). Le match dura trente quatre parties, un record, car les parties nulles ne comptait pas et la victoire revenait au premier joueur à remporter six parties. Au cours des années suivantes, Alekhine évita d’accorder à Capablanca une revanche, ne lui donnant ainsi aucune occasion de regagner son titre. Les deux joueurs ne s’adressèrent plus la parole.

De 1928 à 1930, Capablanca remporta les tournois de Budapest 1928, Berlin 1928, Ramsgate 1929, Budapest 1929, Barcelone 1929 et Hastings 1929-1930 ; il finit deuxième aux tournois de Bad Kissingen 1928, Carlsbad 1929 et Hastings 1930-1931. Cependant, il n’eut pas la possibilité d’affronter le champion du monde Alekhine qui ne participa à aucun de ces tournois.

Dans les années 1930, surgirent en face de Capablanca des rivaux plus jeunes et redoutables : d’abord Max Euwe, Salo Flohr et Mikhaïl Botvinnik, qui le devancèrent à Hastings en 1934-1935, Moscou en 1935 et à Margate en 1936, puis Paul Keres, Reuben Fine et Samuel Reshevsky qui le devancèrent à Margate en 1935, à Semmering-Baden en 1937 et au tournoi AVRO de 1938.

Capablanca n’en fit pas moins un retour remarqué dans l’élite mondiale en 1936, gagnant deux tournois fort disputés : à Moscou (seul vainqueur devant Botvinnik) et à Nottingham (ex æquo avec Botvinnik, devant Euwe, Fine, Reshevsky, Alekhine, Flohr et Lasker). En 1938, il réalisa un des plus mauvais tournois de sa carrière : le tournoi AVRO remporté par Fine et Kéres, où il finit avant-dernier.

Capablanca était marié à doña Gloria Simoni Betancourt. En 1937, ils divorèrcent et le 20 octobre 1938, Capablanca épousa à New York Olga Clark (née le 23 septembre 1898 en Géorgie).

Après avoir remporté la médaille d’or individuelle à l’olympiade d’échecs de 1939 à Buenos Aires, devant Alekhine, Capablanca se retira de la scène internationale en 1939 sur les conseils de ses médecins. Il souffrait d’hypertension artérielle. Il eut une attaque le 7 mars 1942 et mourut le 8 au matin au Mount Sinai Hospital (New York).

Capablanca est considéré comme l’un des meilleurs joueurs d’échecs de tous les temps. Son style de jeu positionnel et sa technique de fin de partie, en ont fait un joueur redouté, qui commettait très peu d’erreurs, ce qui faisait sa force. Son style est clair, limpide et simple. Il n’avait, disait-il, jamais ouvert de livres d’échecs, mais il possédait un sens inné des positions. Considéré comme une « machine à jouer », il a perdu très peu de parties tout au long de sa vie. Ses fins de parties étaient de véritables chefs-d’œuvre.

Au contraire du jeu de l’époque qui consistait en des sacrifices et des combinaisons complexes, il privilégiait une stratégie d’avancée lente et d’usure, attendant la faute de l’adversaire, rendue alors inévitable par le manque de bons coups à jouer, son opposant étant alors en zugzwang.

Il pensait que sans erreurs grossières une partie ne pouvait être perdue. Devant l’augmentation du nombre de bons joueurs, le nombre de parties nulles allait augmenter à cause de l’impossibilité de se départager. Ne trouvant plus d’attraits au jeu, Capablanca prédisait la fin proche du jeu d’échecs. Il a alors proposé d’en changer les règles pour le rendre plus compliqué (les échecs Capablanca). Il souhaitait intervertir les fous et les cavaliers dans leur position initiale et augmenter le nombre de cases de l’échiquier (8×10) en rajoutant deux nouvelles pièces dans chaque camp, l’une combinant la marche de la tour et du cavalier, l’impératrice, et l’autre celle du fou et du cavalier, laprincesse.

Hommages

« J’ai connu de nombreux joueurs d’échecs mais seulement un génie : Capablanca. »

— Emanuel Lasker

« Je n’avais jamais vu auparavant un joueur d’échecs avoir une connaissance du jeu comme Capablanca. Capablanca était un génie des échecs. »

— Alexandre Alekhine

« Capablanca est le plus grand joueur d’échecs de tous les temps. »

— Boris Spassky

« Il est difficile de comparer les époques, mais je pense que Capablanca est le plus grand talent des échecs. »

— Anatoli Karpov

« Sa fascinante intuition permettait à Capablanca de découvrir, parfois avec une grande facilité, les conceptions stratégiques les plus complexes, ainsi que leurs solutions. »

— Anatoli Karpov, Préface de Principes fondamentaux du jeu d’échecs (p. 8), éd. Payot, 1981

 

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