Comment analyser une partie d’échecs

Comment analyser une partie d’échecs. IMG_17204656870209 Dans les faits, quand vous perdrez une partie d’échecs, vous devez admettre qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans votre jeu. Vous devez prendre le temps d’analyser vos propres parties en profondeur afin d’identifier les types d’erreur que vous avez commise et de découvrir dans quelles situations il vous faut améliorer votre méthode de prise de décision. Pour progresser aux échecs, vous devez passer par les quatre cycles suivants : Pratiquer Analyser Étudier Jouer en tournoi (votre examen) La cote d’un joueur d’échecs est seulement un indicateur de votre force à un moment précis. Cela permet de voir votre progression ou régression. C’est comme un examen à l’école, on évalue votre compréhension de vos études. Pour certaines personnes, une heure d’études permet d’avoir une note de 85 % et pour d’autres, il faut 4 heures d’études pour avoir le même résultat. Chaque personne à du talent en lui, sauf que chacun progresse à son propre rythme, mais avec de la persévérance, de la volonté à réussir, on arrive aux mêmes résultats. Vous avez PRATIQUÉ à votre club d’échecs, sur internet ou contre votre ordinateur. Maintenant, il faut passer au second niveau, ANALYSER vos parties. J’entends déjà votre question, comment fait-on pour analyser une partie d’échecs? L’objectif premier de l’analyse de votre partie d’échecs, c’est de comprendre le pourquoi que vous avez perdu ou gagné la partie. De trouver dans quelle phase du jeu (ouverture, milieu ou finale) l’endroit où il y a lieu le moment critique, l’endroit où le vent à tourner à votre avantage ou à votre désavantage. Pour Igor Khmelnitsky, entraîneur d’échecs aux États-Unis depuis 1991. Les quatre objectifs critiques qu’il faut essayer d’atteindre durant votre analyse sont : 1. Vérifier votre préparation théorique. 2. Découvrir le tournant de la partie et évaluer votre prise de décision lors de ces moments. 3. Trouver et classer vos propres erreurs (tactiques ou stratégiques, en attaque ou en défenses, etc.) 4. Découvrir de nouvelles idées, de meilleurs coups et analyser ce qui aurait pu se produire s’ils avaient été joués. Si vous avez les moyens financiers, je vous recommande d’analyser vos parties avec un maître des échecs parce que sa maîtrise du jeu et surtout ses conseils vont vous permettre de retenir ceux-ci beaucoup plus facilement et longtemps. Sinon, utiliser des logiciels comme Deep Rybka (meilleur programme au monde) ou Fritz pour analyser vos parties. L’important, avec l’utilisation de logiciel d’échecs, c’est de laisser un minimum de trois minutes par coup pour avoir le meilleur coup candidat à jouer ou de trouver la combinaison gagnante. Rien cependant ne remplacera le naturel d’un échange verbal ou écrit avec un maître. Pour vous aider à mieux comprendre l’analyse d’une partie d’échecs, voici en détail tous les points à observer durant votre analyse dans chacune des phases du jeu. L’ouverture L’ouverture est l’une des phases les plus complexes qu’un joueur doit maîtriser. La théorie évolue constamment et les variantes sont de plus en plus poussées. Vous devez apprendre et comprendre les fondements de l’ouverture et mémoriser les variantes de façon aussi exacte que possible. Qui connaissait les coups théoriques le plus loin dans l’ouverture? L’autre? Ceci est le premier indicateur que vous devez passer plus de temps à étudier les ouvertures. Est-ce déjà le tournant de la partie qui vous a fait perdre la partie? Vous? Bravo! Mais est-ce que vous avez pris le temps durant la partie de trouver pourquoi le coup joué par votre adversaire (non théorique) est mauvais? Si les maîtres et les grands maîtres ne jouent pas ce coup, c’est parce que cela vous donne un avantage (positionnel, matériel, initiative, etc.). Avez-vous trouvé le bon coup sur l’échiquier lors de votre partie? Exemple : Défense française analyse1 Après les coups suivants : 1. e4 e6 2. d4 d5 3. Cc3 Fb4 4. e5 c5 5. a3 Fxc3 6. bxc3 Ce7 7. Cf3 Da5 8. Fd2 cxd4?! (rarement joué) 9. cxd4 Da4 10. Tb1, le coup théorique est a6 pour empêcher Fb5. Les Noirs préfèrent jouer 10…, Cbc6 empêchant la fourchette entre la Dame et le Roi. Du moment que votre adversaire sort de la théorie, vous devez absolument prendre votre temps et réfléchir en quoi ce coup est non joué par les maîtres. 10. …Cc6 vous permet de développer vos pièces et de prendre l’initiative de la partie. Je poursuis ma partie avec 11. Fb5 Dxa3 (forcé) 12. Tb3 Da2 (forcé) 13. Dc1 a6 14. Fe2 Cxd4 (encore forcé pour sauver la Dame, sinon les Blancs jouent Ta3 et les Noirs perdent leur Dame) 15. Cxd4 Da4 16. Fb4 Dd7 17. Da3 et les Noirs abandonnèrent. Après les 10 à 15 premiers coups, qui a le plus de pièces de développées? Vous pouvez analyser le TEMPS de votre ouverture en calculant le nombre de pièces qui a bougé de sa position originale pour les Blancs et les Noirs. Après les 10 à 15 premiers coups, faites le calcul, vous serez surpris du résultat. Vous allez finalement comprendre de l’importance du développement des pièces et du principe de ne pas jouer avec la même pièce. Même exemple après 15. … Da4 analyse23 Les Noirs : huit pièces ont été développées Les Blancs : dix pièces ont été développées Conclusion : avantage aux Blancs Si vous avez les Noirs, le retard de développement vous indique que vous ne maîtrisez pas votre ouverture. Vous avez surement joué plusieurs coups avec la même pièce ou bien vous avez voulu attaquer votre adversaire trop tôt et négliger votre développement. D’autres questions à se poser dans l’ouverture Qui a les pièces les plus mobiles? Pour gagner une partie, il faut absolument acquérir un avantage d’espace significatif sur l’échiquier. Quand vous avez un avantage d’espace, vous contrôlez plus de territoire que votre adversaire. Vos pièces ont une plus grande mobilité et normalement vous possédez l’initiative. Durant une partie, votre stratégie est d’augmenter votre espace et de réduire la mobilité des pièces de votre adversaire. Si votre jeu manque d’espace, alors vous devez essayer d’échanger vos pièces passives pour les pièces actives de votre adversaire. Dans l’exemple précédent, les pièces Blanches sont tous mobiles comparativement aux pièces Noires. Qui a le meilleur squelette de pion? Les Pions sont les fondations de votre ouverture et chacun à un rôle important à jouer. Votre stratégie consiste à affaiblir la structure de Pions de votre adversaire et conserver votre squelette de pion sans faiblesse. N’oubliez pas que vos pions sont faibles seulement si l’adversaire a le TEMPS de les attaquer. Déterminer votre stratégie pour le milieu de jeu est important. Par exemple, un joueur peut attendre que l’autre commette son roi d’un côté de l’échiquier pour roquer de l’autre côté, ainsi créant la possibilité d’une avalanche de pions du côté du roque adverse. Etc. Milieu de partie Une fois que votre développement est terminé, que votre Roi est en sécurité, le milieu de jeu commence. On considère que la phase du milieu de partie est la plus complexe. Plus de 70 % des parties se décident en milieu de jeu. Pour gagner, vous devez être capable de reconnaître les menaces de votre adversaire. Après chaque coup adverse, vous devez vérifier attentivement si une menace est créée avant de sélectionner votre coup. Avez-vous toujours pensé à ce principe de base? Aux échecs, vous devez prendre le temps d’analyser la position avant de jouer votre coup. 12 questions à se poser durant votre analyse (Découvrir le tournant de la partie et évaluer votre prise de décision lors de ces moments : Igor Khmelnitsky) Avez-vous toujours joué les bons coups candidats en accord avec le plan? Avez-vous vu vos combinaisons ou bien celles de votre adversaire? Pourquoi? Avez-vous donné des pièces ou des pions qui étaient non protégés? Qui a le meilleur développement et positionnement des pièces? Qui a les pièces les plus mobiles, celui qui a l’avantage de l’espace? Qui contrôle le centre? Lequel des Rois est en meilleure sécurité? Avez-vous remarqué et exploité les cases faibles et fortes? Qui a la meilleure structure de Pions? Qui a la domination des colonnes et diagonales ouvertes? Qui a l’avantage matériel? Qui avait l’initiative durant la partie? Après avoir fait cette analyse, appliquez les deux suggestions d’Igor Khmelnitsky Trouver et classer vos propres erreurs (tactiques ou stratégiques, en attaque ou en défenses, défaites avec les Blancs ou les Noirs, etc.). Découvrir de nouvelles idées, de meilleurs coups et analyser ce qui aurait pu se produire s’ils avaient été joués. Aviez-vous un PLAN quand vous avez joué votre partie? Quand vous jouez une partie d’échecs, dans la phase du milieu de partie, vous devez penser à formuler un PLAN. Qu’est-ce qu’un plan? Un plan est un objectif à court, moyen ou à long terme, qui guide le joueur dans le choix de ses coups. Voici la description détaillée d’un plan selon Harry Golombek : « La conception d’un plan est le processus par lequel un joueur exploite les avantages de sa position tout en s’efforçant d’en réduire au minimum les inconvénients. Afin de garantir le succès, un plan doit toujours se fonder sur un diagnostic objectif des particularités d’une position. La conception d’un plan est d’autant plus difficile que la position est équilibrée, et grandement facilitée lorsqu’il n’existe qu’un seul plan susceptible de répondre aux exigences de la position. » (Harry Golombek, The Encyclopedia of Chess, Bastford, Londres, 1977, p. 242). Votre diagnostic sur les particularités d’une position doit être basé par exemple sur : la structure de pions (attaque de minorité), placement des pièces (roque opposé, sacrifice de démolition du roque, l’évitement des échanges afin d’utiliser subséquemment un point faible adverse, la pression sur un pion faible adverse, surprotection d’un point fort, échange d’une mauvaise pièce pour une bonne de l’adversaire, évaluer quelles pièces conserver pour la finale, le contrôle du maximum de case pour avoir l’avantage d’espace, la flexibilité de la position, faire avorter les tentatives d’attaques de l’adversaire, les principes d’Aaron Nimzovitch : restreindre, bloquer et détruire, attaquer une chaîne de pions par la base, qui a une meilleure position après l’échange des dames, etc. Ne pas oublier que votre PLAN est toujours ajusté en fonction du dernier coup joué par votre adversaire. Si votre adversaire fait une erreur, il faut saisir l’occasion. Rejouer votre partie en ayant en tête ces quatre principes de réflexion pour chacun de vos coups en milieu de partie. Vous devez y penser autant pour les Blancs que pour les Noirs. Regardez si vous pouvez mettre le Roi adverse en échecs (penser à une combinaison de mat forcé ou d’attaque double). Vérifiez si votre adversaire a laissé des pièces non protégées ou mal défendues. Vérifier tous les échanges possibles avec des coups directs. Finissez par vos coups de manœuvres tactiques (fourchette, attaque double, enfilade, clouage, éliminer le défenseur, déviation, attraction, attaque à la découverte, rayon X, etc.). La tactique est l’élément primordial pour gagner du matériel et mater le Roi adverse. L’importance de polir sa tactique un 30 minutes par jour. Les finales Après l’ouverture et le milieu de partie, la finale est la dernière phase d’une partie d’échecs. Si une partie d’échecs arrive jusqu’a ce stade, cela veut dire que l’issue de la partie est encore incertaine. Les finales nécessitent l’acquisition de notions techniques indispensables. Sur le plan technique, une connaissance minimale des finales est nécessaire pour déterminer s’il vaut encore la peine de poursuivre la partie ou non. Mark Dvoretsky a dit : « La faiblesse en finales est due à un manque de connaissances théoriques et à une faible technique ». Il a entièrement raison. Apprendre un grand nombre de positions exactes est primordial si vous voulez gagner en finales. Les finales vont vous permettre de concrétiser l’avantage matériel ou positionnel que vous avez acquis. Je vous recommande d’acheter le livre « La méthode Silman pour maîtriser les finales aux échecs ». Traduit en français par Jean Hébert et publié par les Éditions Échecs et Maths. Ou bien, Dvoretsky’s Endgame Manual par Mark Dvoretsky (Août 2006). Avec ces livres, vous allez apprendre tout ce que vous devez savoir sur les finales. La compréhension des fins de parties va vous permettre de devenir un plus fort joueur et éprouver plus de plaisir à pratiquer les échecs. Conclusion L’investissement de votre temps dans chacune des phases du jeu est la seule façon de progresser .
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